Pourquoi la vanille coûte ce qu’elle coûte
Le prix de la vanille, ce sont des heures de main-d’œuvre, pas une plante rare.

La vanille est une orchidée qui, hors du Mexique, n'a pas de pollinisateur naturel. Chaque fleur doit être fécondée à la main, avec une pointe de bambou, le matin de son unique jour d'ouverture. Un ouvrier expérimenté en féconde mille à quinze cents par jour, fleur après fleur, pendant les deux mois de floraison.
Quatorze à dix-huit mois de travail
Ensuite viennent neuf mois de maturation sur pied, puis la récolte gousse par gousse selon leur maturité, l'échaudage, six à huit semaines de séchage alterné soleil et malle, et plusieurs mois d'affinage. Au total, quatorze à dix-huit mois entre la fleur et la gousse prête.
À cela s'ajoute le rendement : il faut cinq à six kilos de gousses vertes pour obtenir un kilo de vanille noire. Tout le reste, c'est de l'eau évaporée. Un hectare bien mené produit trois à quatre cents kilos de vert, soit à peine soixante kilos de produit fini.
Ce qui fait bouger le prix de la vanille
Reste la volatilité. Un cyclone sur la région Sava, et les cours triplent en une saison — c'est arrivé en 2017, avec Enawo. À l'inverse, deux bonnes récoltes de suite et le prix s'effondre, ruinant les planteurs. Acheter directement, à prix stable et annoncé à l'avance, c'est ce qui permet aux familles de tenir d'une année sur l'autre.
Le prix de la vanille, en direct
Sur une gousse vendue en France, la part qui revient au planteur dépend entièrement du circuit. Ensuite, chaque intermédiaire prend la sienne, et il y en a souvent quatre entre Sambava et un rayon. C’est pourquoi nous achetons en direct, chez les mêmes cinq familles — notre histoire raconte comment.

Le tarif à la gousse baisse ensuite avec la quantité : comparez 5 gousses et 250 g dans la boutique. Et pour juger de la qualité payée, lisez ce que le tri recouvre. Le cyclone Enawo a montré en 2017 ce qu’une seule saison peut faire aux cours.