L’amour du goût, la passion du naturel
Notre histoire n’a pas commencé dans un bureau, mais autour d’une table, avec des amis, un carnet et beaucoup trop de café.
Mais avant la table, il y a eu une gousse. Et deux ans de silence.
Une histoire qui commence en pâtisserie
J’ai eu mon diplôme de pâtisserie en 2018. Ensuite, j’ai fait ce que font la plupart des jeunes pâtissiers : je suis entré dans une petite pâtisserie et j’ai travaillé. Les levers tôt, les mêmes gestes répétés jusqu’à ce qu’ils deviennent justes, les crèmes montées mille fois. J’aimais le métier. Il me manquait quelque chose que je n’arrivais pas à nommer — un projet à moi, où je ne serais pas le seul à y gagner.
Pendant ce temps, mon père vivait à Madagascar, à Sambava, au cœur de la région vanille.
En 2022, il m’a envoyé quelques gousses. Pas une commande, pas un échantillon commercial : des gousses qu’il avait choisies lui-même, chez des producteurs qu’il connaît.
Je me souviens de l’avoir ouverte au-dessus d’une casserole de lait. Elle était souple, presque grasse, lourde dans la main. J’ai passé la lame et la gousse s’est remplie de graines — pas trois pauvres points noirs, une masse. Le parfum est monté dans la cuisine avant même que le lait ne frémisse. Je suis resté là, bêtement, à respirer.
Quatre ans que je travaillais la vanille. Je n’avais jamais senti ça.
Pourquoi cette régularité est si rare
Et immédiatement après la joie, une autre pensée, presque de la colère : pourquoi personne n’a ça ?
Parce que je savais très bien ce qu’on reçoit dans un labo. J’avais ouvert les cartons. Des gousses courtes, sèches au point de casser entre les doigts, des calibres qui n’ont rien à voir d’une livraison à l’autre, un parfum si faible qu’il se perd avant d’atteindre la crème. J’avais vu commander trois fois la même référence chez le même fournisseur et recevoir trois produits différents.
C’est ça qui casse un artisan. Pas une mauvaise gousse : l’impossibilité de refaire deux fois la même recette. On passe des années à caler un dosage au gramme près, et si la matière change à chaque commande, tout ce travail ne tient plus. On corrige à l’aveugle. On n’a plus la main sur son propre produit.
Alors beaucoup finissent par prendre l’extrait. L’arôme. Le flacon qui donne toujours exactement le même goût, parce qu’il n’y a plus rien de vivant dedans. C’est régulier, c’est prévisible, c’est plat. Et le client, lui, le sent. Il ne saura pas le nommer, mais il sentira qu’il manque quelque chose.
Je venais de tenir dans ma main l’exact inverse de ça.
Et je n’ai rien fait pendant deux ans.
C’est la partie de l’histoire qu’on raconte rarement. Je savais ce que j’avais entre les mains, et je n’osais pas. Je n’avais ni réseau, ni capital, ni la moindre expérience du commerce. J’étais pâtissier, pas importateur. Alors j’en parlais. Beaucoup. À chaque repas, à chaque fois qu’on me demandait ce que je voulais faire. Je faisais sentir la gousse aux gens autour de moi et je regardais leur visage changer — puis je rangeais le sachet et je retournais au labo le lendemain matin.
En 2024, j’ai fini par franchir le pas et lancer Nuage de Vanille.
En 2025, mes amis s’y sont mis. Pas parce que je leur ai demandé de l’aide : parce qu’ils en avaient assez de m’entendre en parler sans avancer. Ils m’ont poussé, puis ils sont montés à bord. L’un a monté les documents, l’autre a mis la main dans la prospection, un autre a passé des soirées sur le site. Personne n’a demandé combien ça rapportait.

Sambava, région SAVA
Et à l’autre bout, à Sambava, mon père a fait ce qu’il fait le mieux : suivre la récolte, sélectionner les gousses une par une, trier, conditionner, expédier. Une seule personne, un seul regard, du champ jusqu’au carton. Ensuite, il n’a jamais eu besoin qu’on lui explique pourquoi c’était important : il sait ce qu’une gousse doit peser dans la main.
Ce que cette histoire a changé
Aujourd’hui, cette vanille-là arrive en France sans intermédiaire. Celle que vous recevrez en mars ressemblera donc à celle d’octobre. C’est tout ce qu’on demande à un fournisseur, et c’est devenu rare.
Vous la retrouvez dans la boutique, du sachet de cinq gousses au kilo. Ensuite, ce qu’on en fait compte autant : nos recettes et ce que recouvre la qualité Gourmet racontent la suite.
Il m’aura fallu quatre ans pour trouver ce projet, et deux de plus pour oser. Celui où personne ne perd : le producteur de Sambava, l’artisan qui retrouve une matière fiable, le client qui sent enfin la différence dans son assiette. Ce n’est donc pas une entreprise qui vend des gousses. C’est une bande de potes qui a décidé qu’un artisan ne devrait jamais avoir à choisir entre la régularité et le vrai goût.




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Culture respectueuse, récolte à la main, séchage naturel : les méthodes malgaches, sans raccourci industriel.
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« Notre rôle n’est pas de vous vendre une gousse de vanille. Notre rôle est de vous apporter une qualité constante, un excellent rendement et un partenaire de confiance sur le long terme. »